03/12/2015

625 BARBORKA tous les le 4 décembre n'oublions pas

 

1904267_10203664819607790_741983299_n - Copie.jpg

Là où il y a des terrils,il y a des Polonais. Des descendants des mineurs polonais vivent dans chaque rue de nos villages.On n'oublie pas et le 4 décembre restera la sainte Barbe de nos parents mineurs si ce jour de décembre on en parle nous-mêmes.

Montrez ces images à vos petits enfants et racontez.

 


 

12321469_1070093823025450_6567361461207531026_n.jpg

1000643_10202911679465161_1134728404_n.jpg

Péronnes Charbonnage :des Polonais, des Italiens,des Grecs,puis des Turcs, des Marocains

10407035_998953666796373_2639495528998733976_n.jpg

à l'intérieur d'un logement de choix: les baraques des camps allemands au pied des charbonnages belges( Relire sur le logement ,l'article 8 des contrats signés en Allemagne-sur le papier rose )

 

A la retraite allemande, vidées des prisonniers russes qui travaillaient gratos pour le patronat belge,elles furent remplies d'abord par des prisonniers hongrois, des prisonniers allemands et les autres baraques par les couples Polonais qu'on n'avaient pas su loger dans les maisons du charbonnage.Les célibataires?  ... à la cantine.Il y avait 60 camps de travail allemands rien que dans le Hainaut.Non ce n'est pas dans les livres d'histoire de la Belgique,non.

12227024_497426610430067_8672373879291553009_n.jpg

Dans une maison cette fois, la toilette au savon  sunlight à la maison.Certains mineurs ne passaient pas à la douche et rentraient vite chez eux

10440795_986734498028050_1365137780502881455_n.jpg

 

 

 

Pour tirer du charbon,en1911déjà, puis dès 1922 et 1930,de1945 à 1947, la Belgique est allée chercher des milliers de Polonais.

Et donc les Polonais ne sont pas venus; on les a ramenés de mille façon vers la mine .

Le plus choquant ,c'est le mot "réfugié" qu'on a collé sur le dos des Polonais ceux recrutés en Allemagne.

Une appellation encore colportée lamentablement aujourd'hui, et c'est triste, par la descendance polonaise qui ressasse encore ce qu'on a enfoncé dans la tête de leurs parents pour cacher une opération consistant à fixer sur place, au plus vite,tout de suite, une main d'oeuvre qui à l'époque se déplaçait facilement du Nord Pas de Calais jusqu'au Limbourg.Tous les subsides des nations Unies ont été pompés par le patronat et pas que les charbonnages.

"Mon grand-père était réfugié!" "C'était écrit sur sa carte d'identité!"

réfugié de quoi,du grand vent, de la pluie, de la guerre? Elle est finie la guerre et la grosse ,grosse majorité presque l'entièreté,des millions de Polonais ,a été ramenée en Pologne librement.

Numériser0027.jpg

Sans accord,sans une santé exigée, il aurait été reconduit en Pologne et par les Américains encore.

Numériser0026.jpg

Jozef Kielbowicz qui est au Congres Kamp de Nurenberg hésite encore.Il veut d'abord qu'on le rapatrie en Pologne à Janow Lubelski .Il sera transporté volontairement en Belgique en 1947 et se déposé à Bois du Luc.

C'est parmi ceux qui ne souhaitaient pas qu'on les reconduise en Pologne que le recrutement de milliers de Polonais a commencé dès les libérations d' avril et mai 1945.Les recruteurs suivaient les libérateurs et s'adressaient d'abord à la jeunesse valide ,apte, libérée du travail obligatoire,encore très docile et obéissante,apeurée encore à la vue d'un uniforme, mais aussi  laissant les jeunes sortis des camps de concentration , se retaper un peu dans des lager comme le "Congres kamp de Nuremberg- ceux-là arriveront en 1947 comme Fabjanczyk sorti de Mauthausen, comme Bardo, sorti d'Auschwitz.

Des milliers de jeunes à la recherche de l'aventure choisissent volontairement,librement, de répondre au recrutement de Fédéchar.Mais,... ils doivent passer le tri de la sûreté de l'Etat, la visite médicale générale et celle à l'aptitude au travail à la mine.

Alors seulement, on les a entassé dans des wagons pour un voyage parfois de 9 jours.Tous les inaptes furent reconduits en Pologne en 1947 et ne devinrent jamais, des réfugiés.

Ce tri n'a rien à voir avec la notion de réfugiés que l'on utilise aujourd'hui,rien ; des personnes déplacées oui mais pour arriver en Belgique dès juillet 1945, il fallait un contrat signé.

Pas de couverture chaude sur les épaules, pas de lait chaud,pas d'assistant social.

La Croix-Rouge sur le quai de la gare de Mons, puis le transport par tram à vapeur jusque GIVRY,le centre de distribution des lapins.

Puis dans les camions jusqu'au Quesnoy à Trivières.On est débarqué sur la pelouse face à la cantine Dubois.

On donne un logement,des meubles,des bols en alu,des assiettes émaillées,une grande miska,un tabouret en cornières soudées,deux lits en tubes fournis par l'UNRRA ,un bleu de travail ,des bottines en caoutchouc, un casque de cuir,  une lampe pour gagner  la première paie (fiszka) le samedi suivant de laquelle on a commencé à retirer, pendant des années,  le prix de tout ce qui a été fourni.Rien pour rien.Ils n'ont rien reçu pour le départ dans la nouvelle vie; rien de personne .

C'est le reste des lits du fond des Nations Unies pour Personnes déplacées, non distribués et qui encombraient depuis des années, la société des Charbonnages de Bois du Luc que Bardo Zbigniew et les scouts polonais ont utilisés dans les colonies de vacances à Nieuport puis à Comblain. Après la colonie on a voulu les reporter et le gérant a dit que non.C'est pour vous.Il était gentil quand même.Le charbonnage s'est aussi engraissé en vendant ce matériel aux nouveaux Polonais arrivés d'Allemagne.Matériel qui devait être donné,donné.

Dès 1945, dans la même rue vivaient depuis plus de 20 ans des familles polonaises arrivées avant guerre à qui on n'a jamais fait peur, à qui on n'a jamais enlevé la nationalité polonaise qui est encore aujourd'hui celle de leur descendance et qui partaient dès juin 1945, en vacances en Pologne avec cette nationalité polonaise et en revenaient entiers pour retourner à la fosse.Consultez les archives communales de l'Etat Civil et celles de demandes de passeport. C'est là qu'est la réalité.

Les Polonais recrutés et ramenés d'Allemagne à Trivières par exemple dès mai 1945 comme PIECHOWSKI, DOMECKI,KOZLOWSKI,KRENC,RUTKOWSKI sont arrivés Polonais fin mai 1945 et appelés à la commune de Trivières 6 semaines après seulement.Ils devinrent ce matin-là des réfugiés.Ils  furent contraints pendant des années de refaire de nouveaux papiers jusque vers 1973 à la fermeture des charbonnages.

Apatrides et déclarés par l'UNRRA (devenue  IRO en 1947) réfugiés ONU d'origine polonaise, ils étaient bien bloqués dans leur coron avec en plus les conseils judicieux de la curie polonaise qui recommandait bien de ne pas retourner en Pologne où ils risquaient d'être mangés.Oui,sauf que eux (voir les archives) allaient en vacances en Pologne tous les deux ans sans rien dire à personne.

12313627_1071094082925424_2151202712937205086_n.jpg

Les voilà nos jeunes mineurs avec la statue de sainte Barbe.Ce sont tous des Polonais de Trivières: DUDA, PIECHOWSKI, URBANCZYK et dans la fanfare qui suit ,la fanfare La Jeune Union beaucoup de musiciens polonais dont Franek KRENZ en chapeau.

 

Seulement à la fermeture des charbonnages en 1973, on facilita aux apatrides de l'IRO l'accès à la naturalisation belge. Il n'y avait plus à gérer le problème de main d'oeuvre pour la patronat charbonnier.

Ouf, la police des étrangers se détourna complètement des Polonais, Italiens, Grecs,Suisses,Tchèques,Ukrainiens,Yougoslaves,Russes,...,...,...une masse de travailleurs qu'elle suivaient depuis la fin de la guerre pour s'occuper des émigrés d'Afrique du Nord.Les petites gendarmeries locales comme à Péronnes ou Bernissart furent fermées.

Tout d'un coup,il n'y avait plus aucun danger avec ces étrangers qui avant, travaillaient au charbonnage.

Ce temps passé c’est l’histoire de Belgique et la nôtre, nous les Polonais descendants de ces mineurs courageux pour qui la sainte Barbe, Barbórka, reste une fête très significative.

On est le 4décembre et nous pensons à votre grand-père couché dans la taille abattant le charbon.

" Je l' ai peu connu" me dit Patrick Sajdak. "Mon grand-père est parti à 47 ans en crachant pendant des semaines,ses poumons dans une bassine."

22:03 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.