13/01/2015

n°583 RESSAIX histoire des Polonais en Belgique (page 34 par JP Dziewiacien)

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Photo 34 Collection Dziewiacien Jean Pierre

 

Le contexte :

 

Cette photo a été prise à l’intérieur de la première chapelle de Ressaix en 1966, comme l’indique la banderole derrière les enfants. Cette année-là, la Pologne fêtait le millénaire de son évangélisation.

Ces enfants sont rassemblés devant un tableau de la Vierge Noire de Czestochowa.

 

Les participants :

 

On peut y reconnaître – même si la photo est relativement floue :

Eveline et Dominique Ogonowski ; Casimir Nowicki ; Lucette Kieltyka : Francine Fabjanczyk ; Jeanine Romanowicz ; Irène Sitarz ; Bernadette Marszalkowski : Vital Czuk ; Richard Pietraszek ; Pierre Ogonowski ; Rozwita Pietraszek ; Irène Pietraszek ; Sabine Pietraszek ; Hélène Sitarz ; Christine Romanowicz ; Tadek Marszalkowski ; Bronek Sitarz 

 

L’essentiel :

 

Cette photo est très émouvante. Les enfants qu’on peut voir là, sont les adultes d’aujourd’hui. Certains nous ont même déjà quittés. Et la vie a dispersé les autres.

 

Il est plus que probable que ce rassemblement se soit organisé pour une occasion spéciale. Je pense qu’il s’agit de la visite à Ressaix du tableau de la Vierge Noire de Czestochowa.

 

En effet, le célèbre tableau de la Vierge Noire a quitté Jasna Góra pour venir en Belgique à notre rencontre. Sans pouvoir préciser la date, je me souviens parfaitement de son passage. L’icône sacrée a été présentée dans chaque église polonaise et dans chaque église où des polonais venaient régulièrement prier.

 

Elle est donc venue aussi à l’église de Bernissart. Et tous les polonais d’Harchies et de Bernissart étaient rassemblés pour l’accueillir. La cérémonie a été assez brève, mais la dévotion des participants m’avait touché.

Comme tous les autres enfants, j’étais habillé en krakowiak et je sentais bien que nous vivions un évènement unique.

 

Il faut dire que les parents nous avaient préparés pour la circonstance. Mon père m’avait raconté l’histoire du fabuleux tableau. Et monsieur le curé, à l’école polonaise, avait aussi expliqué longtemps. Nous étions donc tous impressionnés de nous retrouver devant un tel miracle.

 

Dans l’histoire qu’on nous avait apprise, le tableau avait été emporté, par de féroces soldats, lors d’une terrible bataille. Et comme il était important pour les Polonais, les soldats ennemis se sont acharnés pour le détruire. Ils l’ont tout d’abord jeté à terre et l’ont fait piétiner par le cheval du général. Mais le tableau était resté indemne. Ensuite, ce sont tous les chevaux de la cavalerie qui sont passés dessus pour le piétiner … toujours sans succès. L’œuvre semblait protégée par Dieu. De rage, le général prit son épée et frappa le visage de la vierge. A ce moment-là, du sang coula de la joue de la vierge… Et c’est ce miracle-là qui venait nous rencontrer à Bernissart, à Ressaix et partout où il y avait des Polonais.

 

Ce n’est pas étonnant que l’évènement nous ait paru exceptionnel.

 

Aujourd’hui, avec le recul, on peut démystifier cet épisode. Tout d’abord, l’histoire qu’on nous avait racontée – et qui nous avait tant bouleversée - n’était qu’une légende. Ensuite, le tableau n’était qu’une copie. Quant aux buts recherchés par cette représentation à domicile, il était sans doute de rassembler toute la communauté polonaise autour d’une image sainte. Accessoirement, si cette pérégrination pouvait « ennuyer » les autorités polonaises de l’époque, c’était tant mieux.

 

En réalité, le périple du tableau sera surtout le meilleur moyen pour l’église de résister au gouvernement.

C’est le cardinal S. Wyszynski, primat de Pologne, qui va organiser le « pèlerinage », de cette copie de Notre Dame de Częstochowa qui avait été bénie par le Pape Pie XII. Cette copie fera le tour de Pologne, de paroisse en paroisse, de maison en maison, durant 23 ans … de 1957 à 1980.

 

J’ignore si c’était la même copie qui circulait en dehors et à l’intérieur de la Pologne.

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 Je crois que j'ai le même souvenir mais à Liège

Francois Chwoszcz Wochen

 

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21:14 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

En fait la majorité des Polonais de Ressaix et Péronnes Charbonnage vit toujours dans la région du Centre et très très près des Baraques devenues aujourd'hui propriété des Oblats de Marie Immaculée.Ce sont les conditions d'accès à ce domaine privé où beaucoup sont nés pourtant qui font que les Polonais du Centre se retrouvent bien souvent dans l'année, pour leur plaisir, pas très loin de là.

Écrit par : FABJANCZYK Régine | 14/01/2015

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Cette propriété ne s'appelle pas les Baraques mais l'Osrodek Saint Maximilien Kolbe. Il n'y a aucune condition d'accès au centre ou à l'église. Tout le monde est bienvenu.

Écrit par : CZAJKOWSKI | 19/06/2015

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Chère Madame D.Czajkowski,
Permettez-moi de vs contredire.L'usage des lieux est bien payant même aux Polonais de la région du Centre qui ont contribué à leurs aménagements.Pas la messe du dimanche, c'est vrai.Tout le reste ,logement des pèlerins,usage de la salle des fêtes par ceux qui l'ont bâtie,nuitées des camions slovaques, roumains, polonais,des caravanes et voitures,oui.Informez-vs. Merci pour le commentaire.Tous les anciens qui "jeunes" ont fréquenté les lieux depuis l'après guerre et certains y sont nés ,y ont vécu,avant l'acquisition du Camp Roland par les Oblats de Marie Immaculée, appellent cet endroit " les baraques", sans mauvaise intention.

Écrit par : KOZLOWSKI ALEXANDRE | 20/06/2015

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