01/12/2012

n°466 Comblain la Tour story et la petite histoire des KSMP (par J.P.Dziewiacien) p 10

 

 

Comblain-la-Tour 1972 

 

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Photo Dz_KSMP_010

 

 

 

Le contexte :

 

 

 

Comblain-la-Tour 1972 : cours de danse folklorique polonaise - suite.

 

Cette photo montre un des aspects du stage de danse. Nous sommes dans le parc du Comblain-la-Tour.

 

Les séances de danse se sont succédées dans le réfectoire, dans le hall d’entrée, dans les couloirs et même dehors. Dés que la météo le permettait, Mme Zeromska n’hésitait pas à nous rassembler sur les pelouses du parc pour profiter du bon temps ; même si l’herbe n’est pas le terrain idéal pour danser.

 

 

 

C’est ainsi qu’il était fréquent d’entendre à l’extérieur, son célèbre et tonitruant « » qui ponctuait chaque début de mouvement.

 

 

 

Sur la photo :

 

 

 

Nous sommes donc dans le parc, c’est le dernier jour du cours. J’ai le plaisir de danser avec Lydia Mlynarski.

 

Derrière, Marek Bujanowski, entraîné par son élan, semble percuter Franca Fisher.

 

La danse sur gazon n’est pas une sinécure … et le terrain était lourd.

 

 

 

L’anecdotique :

 

 

 

Le courant est passé entre les jeunes et Mme Zeromska. Pourtant, le premier contact fut « difficile ».

 

 

 

Elle, Madame Olga ZEROMSKA, était plutôt habituée à autre chose. A Londres, où elle était chorégraphe, spécialiste des danses folkloriques polonaises, elle côtoyait l’élite. Là-bas, ses élèves étaient tous issus des hautes sphères de l’émigration polonaise. Ils étaient, tous, grands, blonds, distingués et parlant un polonais impeccable. C’est toute la jeune aristocratie en exil qui se donnait rendez-vous à ses cours.

 

 

 

Ici, pour la première fois, elle se retrouvait devant un groupe hétéroclite, disparate, différent. Devant elle, elle voyait des grands, des petits, des châtains, des foncés, des minces, des gros. Si certains parlaient un polonais moyen, d’autres le comprenaient à peine. Ils étaient tous : enfants de mineurs.

 

 

 

A Londres, elle suscitait l’admiration et le respect.

 

Ici, en Belgique, dans les yeux de ces jeunes-là, elle lisait la curiosité, voir la méfiance.

 

 

 

Son premier mouvement fut : la marche arrière. Un long entretien s’ensuivit avec les organisateurs du cours de danse. On peut imaginer la déception de la chorégraphe et son désire de retourner à Londres.

 

Heureusement, quand ils sortirent du bureau, la cause était entendue : Madame Olga reste.

 

 

 

La première séance du premier cours pouvait commencer. Pour se faire une idée générale du niveau moyen de ses nouveaux élèves, Olga débuta son enseignement par un pas très difficile de Mazurka.

 

 

 

Dès les premières minutes, elle stoppa les danseurs et je l’ai vu foncer sur moi, avec une certaine appréhension : «  Où as-tu appris à faire ce pas ? », « Qui est ton professeur ? » …

 

J’étais surpris, angoissé même, d’avoir peut-être mal suivi ses instructions ; j’ai balbutié que je dansais au K.S.M.P. de Mons, et que c’était, ce monsieur-là, Monsieur Edmond Lagocki qui m’avait appris ce pas.

 

 

 

Mme Zéromska s’est précipitée sur Edmond pour l’assaillir de questions. Il a répondu qu’il était mineur de profession et que la danse, il l’avait apprise tout seul. Et que depuis, sa grande passion, c’était de partager.

 

 

 

En quelques minutes, elle a compris qu’ici, la noblesse elle venait du cœur et que cette aristocratie-là, valait bien toutes les autres. Elle a compris que ce serait plus facile que prévu, parce que ces jeunes étaient des passionnés et qu’ils avaient déjà un bagage non négligeable.

 

 

 

Oublié les différences et la méfiance. Le cours a repris et ce fut inoubliable.

 

 

 

 

 

11:11 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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