11/01/2012

str 415 Marbehan :la vie des nouveaux Polonais de Lambiotte en 1945

Pour notre vie à Marbehan, c’est très spécial.

Contrairement à la région du Centre où il y avait une communauté polonaise, avec une structure, des magasins, une paroisse, des écoles polonaises……

Là, c’était l’inverse. En dehors de l’autre famille, pas d’autres Polonais à moins de 20 km, pas d’auto, et des moyens de communications minables.

Il faut préciser que mes parents n’ont fait aucune étude.

Dans mes premières années, je parlais polonais, et des reliquats d’allemand.

Dès la mise à l’école maternelle, j’ai commencé à parler en français.

Jusqu’à l’âge de 20 ans, mes parents me parlaient polonais, et je répondais en français.

...Ce qui aujourd’hui encore me fait sourire dans ma barbichette quand j’entends un petit arabe répondre en français à ses parents pour répondre à une question en arabe ...

Vers 6 ans, la rupture vers le français a été nette quand ma mère s’est rendue compte que le français ne se lisait pas comme le polonais !

Très vite, je me suis occupé « des papiers », au point qu’à l’âge de 10 ans, ma mère ne comprenait pas que je n’arrivais pas à remplir les feuilles d'impôts !

Inversement, j’ai essayé d’apprendre le polonais.

Première leçon, le nom masculin se termine par une consonne, les noms neutres par e ou o, et les noms féminins par a. Fastoche non !

Un Polonais arrive, et dans la conversation, il devient« pana », curieux après ce qu’on venait d’expliquer. Alors j’ai demandé « pourquoi, », et comme 99% des Polonais, encore aujourd’hui, on m’a répondu « C’est parce que c’est comme ça ».

 

Devenant francophone à part entière, l’intégration au village s’est faite de manière naturelle

Toutefois, c’est sur le plan administratif que nous avons « souffert »

 

Bien qu’ayant fait la guerre, mon père n’avait pas le droit de faire partie des anciens combattants. Au foot, je ne pouvais pas jouer les matchs officiels car j’étais étranger.

 

Plus tard, je n’ai pas pu suivre les cours de pilote « gratuitement ». Pour avoir les primes à la construction il fallait être Belge, et après les études, pour entrer dans les entreprises de l’Etat, idem. Et même dans le secteur privé à partir du grade de contremaître, …. rebelotte.

 

Devant toutes ces vexations, mes parents ont décidé de prendre la nationalité belge.

Que de changements dans les lois depuis

 

Les relations avec les Polonais des environs se faisaient une ou deux fois par an, quand une âme charitable voulait bien nous conduire en auto. Parfois en été à vélo.

C’est ainsi que finalement j’ai épousé une demi Polonaise.

Pour les relations avec la Pologne, au début c’était exclusivement mes parents par courrier.

Il faut savoir qu’il y avait une dizaine d’oncles et tantes de chaque côté, et que souvent la conversation était des demandes de colis….


à suivre

 

Julian Majkowski Rue des Bouleaux, 6 4121 Neupré Tél : 04 371 54 52 fb246875@skynet.be
 

 

 

12:47 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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