10/01/2012

str 414 les nouveaux Polonais à Morlanwelz et à Marbehan en juillet 1945

A peine débarquées à Morlanwelz, 15 jeunes familles de Polonais sélectionnés en Allemagne après leur libération des camps de concentration et des camps de travail, seront transportées , avec leur accord, comme à chaque épisode de cette histoire, à Marbehan. Le recrutement est effectué pour une usine chimique: Lambiotte.

 

Ma mère pense que nous avons été directement débarqués à Morlanwelz, et que nous logions dans des bâtiments.

Chaque jour, elle me conduisait à la crèche, de l’autre côté de la passerelle. Malgré mes 2 ans ½, cette passerelle était restée gravée dans mon cerveau.

En ce qui concerne le logement, c’est bizarre, on nous a parlé de campement et baraquements., mais non, des anciens bureaux.

 

En 1996, avec mon épouse, nous avons été à la commune de Morlanwelz , et une personne nous a également alors parlé de baraquements. Par contre il nous a montré l’endroit où se trouvait la crèche.

 

Comme convenu, de fait, on a demandé au groupe des Polonais d’aller travailler dans les mines.

Cela n’emballait guère mon père, qui en Pologne travaillait dans le transport agricole, et,.. 5 ans de travail obligatoire à la ferme en Allemagne.

 

Dans mes souvenirs, à Morlanwelz, mon père est allé une fois à l’ambassade de Pologne pour avoir un certificat de nationalité temporaire.Une feuille délivrée par « les autorités » mais pas de trace.

 

Heureusement, trois semaines après, Monsieur Quertinmont, directeur de l’usine Lambiotte à Marbehan cherchait une main d’œuvre meilleur marché. C’est ainsi que 16 familles ont été transférées vers Marbehan à la fin juillet 1945.

Notre arrivée a été signalée dans l’Avenir du Luxembourg.

 

5/8/1945 – A L’usine – Pour pallier au manque de main-d’œuvre belge, attirée vraisemblablement ailleurs par des salaires qu’elle estime plus avantageux, des ouvriers polonais, certains accompagnés de leur famille, viennent de s’installer dans la localité. (sic )

 

Nous avons été « déposés » dans l’entrepôt de l’usine le long de la Grand’rue, et chaque famille a reçu 300 FB, soit environ 1/3 d’un salaire mensuel de l’époque.

Le lendemain de notre arrivée, au matin, tous étaient partis, sauf mes parents et les Pawełkowski, et se sont dit: « Et nous, qu’est ce qu’on fait ? _ ? _ ? ».

 

 C’est ainsi que nous sommes restés à Marbehan.

Mon père comme « chauffeur de chaudière » et l’autre comme menuisier.

Des autres, nous n’avons jamais eu de nouvelles.

 

Le seul nom que nous avons retenu était la famille « Płycica », dont leur fille Janina.Orthographe incertaine ; le père avait comme surnom de « Czany »

 

Ce que ma mère souhaiterait, ce serait d’avoir des nouvelles des 14 autres familles ayant fait le voyage Morlanwelz-Marbehan.

Evidemment, il ne doit plus y avoir beaucoup de survivants de cette épopée !
Bien à Vous
Julian Majkowski
 

En ce qui concerne le voyage Morlanwez – Marbehan (Souvenir de Luc ANTOINE)

C’est son père Guy qui a été chargé par l’usine Lambiotte d’aller nous chercher à Morlanwelz. Il s’occupait des moteurs de camions et faisait les transports de bois pour l’usine.

Il venait de récupérer un camion Dodge. Il se demandait comme y placer ses familles.

Dans ce but il y a placé des banquettes. Son fils Luc qui était gamin se souvient encore du soin qu’il a apporté au montage de cet aménagement.

 

Le passage dans le Rocher Bayard à Dinant, m'avait particulièrement impressionné, puisque plusieurs mois après, je parlais encore de la "Duża góra", (Grande montagne).

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Le Dodge est un militaire canadien avec volant à droite, c'est un T110 D60 L12 également équipé d'un latéral, 6 cylindres.Ici, dans le film "le salaire de la peur"

 

 

 

Julian Majkowski Rue des Bouleaux, 6 4121 Neupré Tél : 04 371 54 52 fb246875@skynet.be
 

 

14:24 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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