09/01/2012

str 413 :des Polonais de Morlanwelz partent à Marbehan

En juin 1945, la famille Majkowski avec d'autres "Nouveaux Polonais" arrive en train à Morlanwelz. Elle fait partie d'un "transport" formé en Allemagne libérée pour déplacer des volontaires au travail, recrutés, sélectionnés pour la Belgique, pour la France. Ce sont des Polonais libérés en Allemagne et en Autriche et non venus de la Pologne.

 

 

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"Transport", convoi organisé vers la Belgique, la France par l'Unrra. Décoré pour être photographié évidemment. Quelques Polonais au courant des conditions de travail en France , en Belgique, préfèreront sauter du train en Allemagne pour rejoindre de la famille qui y vit depuis le début du XXe siècle, dans la vallée de la Rhur surtout

 

Des milliers de couples, des familles, des hommes seuls seront débarqués de ces transports à chaque arrêt dans le bassin minier du Limbourg, dans le sillon Haine Sambre Meuse de Liège jusqu'au Borinage et plus loin dans le Nord et le Pas de Calais. Ce n'est pas leur nom qui importe mais leur nombre. Quinze ici, cent dix là-bas,... Ils rencontreront ici d'Anciens Polonais importés déjà avant la guerre et ce depuis 1911 à Morlanwelz.

Bien qu'on les appelle "réfugiés" et qu'on les désignera ainsi jusqu'aujourd'hui, ce sont en fait des engagés au travail après sélection en Allemagne. Les non sélectionnés pour inaptitude au travail proposé, pas de chance, ne deviendront pas des réfugiés en Belgique et devront être reconduit chez eux en Pologne. Des familles seront séparées par cette sélection. Le frère rentrait en Pologne, dans son pays natal et la soeur était sélectionnée comme "réfugiée ONU, apatride," pour faire la boniche à bas prix chez le gérant du charbonnage. Une manière très habituelle de concevoir la notion de "réfugié" : la personne que l'on aide, protège sans aucun apriori, dans un large geste d'humanisme.

Bientôt, nos réfugiés disposeront d'un permis de travail, d'une carte d'identité d'étranger sans lesquels on ne reste pas dans "le pays d'accueil ". Les taxes, les frais de ces documents renouvelables régulièrement engraisseront les caisses communales

 

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Des jeunes, nouveaux Polonais d'une vingtaine d'année , cela durera de juin 1945 jusqu'en 1947 à la fermeture des camps (Team) de personnes déplacées en Allemagne.Et puis, d'Allemagne, ce sera fini avec des Polonais libérés.

Après 1947,il n'y aura plus d'arrivée massive organisée de Polonais d'Allemagne et encore moins directement de Pologne comme dans les années 30. Non, car la Pologne a aussi besoin de ses travailleurs.Elle essaiera même de récupérer ses Polonais en Belgique.

Le patronat belge cherchera des travailleurs ailleurs, Italie, Grêce, Maroc, Turquie car le plan Van Acker de la FGTB, appliqué drastiquement depuis 1944, ne parvient toujours pas à satisfaire le besoin énorme de main d'oeuvre en Belgique.

 

suite du récit de Julek Majkowski p 411-412

 

" Le train " me dit ma mère hier au téléphone " a traversé le Rhin très très lentement"

"Le train s’est arrêté en Hollande, où l’on a détaché une partie des wagons."

"Ils sont descendus directement à Morlanwelz."

"Du train, on a encore détaché des wagons, et le train a continué vers la France.Ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge."

"A  Morlanwelz, on nous a placés dans d’anciens bureaux ."

Ma mère est certaine au sujet du logement à Morlanwelz, des anciens bureaux. Cette version du train continuant vers la France nous avait également été dite par la personne que nous avions rencontrée à Morlanwelz lors une visite en 1996. Ce monsieur parlait de « baraquements », tout en précisant  qu’il y a eu beaucoup d’autres ..."arrivages".

Les bureaux où on logeait devaient être du même côté que la maison communale, puisque en juillet 1945, chaque jour , je traversais la passerelle pour aller à la crèche..

Quand en 1996 ,  nous sommes allés voir Morlanwelz,  pour aller voir la crèche avec la personne rencontrée, nous avons traversé la passerelle.

 

 

 

 

12:45 Écrit par LES POLONAIS DU CENTRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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