07/01/2012

p 411 histoire des Polonais du Centre: juillet 1945, de Morlanwelz à Marbehan

"Dzien dobry,

Avec mes parents, et une centaine d'autres ex-prisonniers, nous avons quitté la région d'Efurt en Allemagne en juin 1945, et nous avons été "débarqués" à Morlanwez à la mi-juin.

Ensuite fin juillet 1945, avec 14 familles, nous avons été transportés en camion à Marbehan.

Connaissez-vous des personnes qui ont participé au voyage Allemagne Morlanwez ?

Ma mère se souvient d'une famille "Plycica", dont la fille Janine qui devrait être âgée d'environ 70 ans.

D'avance merci pour votre réponse."

Julian Majkowski  Rue des Bouleaux, 6    4121 Neupré Tél : 04 371 54 52  fb246875@skynet.be
 

Nous savions depuis que nous étudions la présence polonaise dans le Centre que les premiers "transports" de Polonais en wagons de marchandises, vers la Belgique, partirent de la région de Leipzig, Iena, Gera, Erfurt dès juin 1945.

 

Vous lirez dans nos prochains articles pourqoui cette précipiation à évacuer; l'attitude différente des Anglais et celle des Americains dans leur zone de libération.

 

Léon CZAK décédé en 2011, nous avait souvent  raconté le long voyage de 9 jours jusqu'à la gare de Mons, l'accueil par la Croix Rouge avec du café noir et du pain blanc auxquels les Polonais n'étaient pas habitués; le départ en tram à vapeur qu'il fallait pousser dans les côtes ,vers Givry où on a logé la main d'oeuvre pour les charbonnages pour la répartir dans tout le Borinage et la région du Centre en camions à charbon des différentes sociétes minières.Jula SZEMELAK-KOZLOWSKI, François KRENC, toujours en vie , étaient dans ce premier transport ainsi que Agnieszka  Augustyn de  Péronnes Saint Marguerite veuve de Josek Kiedzierski.

 

Nous savions depuis nos visites à Trooz que des Polonais avaient aussi été recrutés dès 45 en Allemagne pour travailler dans la construction métallique , dans le bois de nos forêts ardennaises ,les fermes, les cimenteries, les carrières, les fonderies et aciéries, dans tous les secteurs de l'économie qui avaient un besoin cruel de main d'œuvre : le travail avec les mains.

 

Le choix de cette main d'oeuvre à peine libérée des camps de travail, des camps de concentration n'était pas innocente du tout.

On savait les Polonais dociles, courageux ,encore plus à la moindre flatterie mais c'est surtout le conditionnement à l'obéissance subi pendant la captivité qui était le plus intéressant pour le patronat car les ex-esclaves baissaient de suite l'échine à la moindre engueulade, au moindre passage de l'autorité ,du champêtre, du gendarme qui ne se sont pas privés de leur pouvoir d'intimidation, de la menace quand les recommandations à la soumission ne suffisaient pas.

 

De 1945 à 1947, on a ainsi alimenté la France, l'Angleterre,  la Belgique, l'Allemagne avec la réserve de main d'oeuvre rassemblée dans les camps de personnes déplacées "Team" dont l'UNRRA a eu la gestion jusqu'à leur fermeture en 1947.

 

http://en.wikipedia.org/wiki/DP_camps.

 

http://unrrateamsworks.blog4ever.com/blog/index-319829.html

http://www.ausstellung-zwangsarbeit.org/en/255/

 

 

L'UNRRA est donc devenue la principale organisation à la recherche d'un travail pour ceux qui avaient librement choisi de ne pas rentrer en Pologne.Il y avait ainsi un bureau de l'UNRRA à Mons qui répondait à l'appel de main d'oeuvre des charbonnages du Hainaut en recrutant dans les camps de l'UNRRA en Allemagne.

 

 En fait, une infime partie de Polonais a choisi librement de ne pas rentrer en Pologne car la grosse majorité, la plus grosse partie des personnes déplacées de Pologne en Allemagne a souhaité bien naturellement de rentrer dans le pays natal et elle a c’est bien normal, été rapatriée par l'UNRRA vers la Pologne. C'est donc une petite partie de cette population déplacée qui restera en Allemagne 2 ans; parmi elle on recrute et  « transporte » les sélectionnés en Europe occidentale.

 

Les personnes recrutées vers la Belgique répondaient à plusieurs critères de sélections sinon restaient en Allemagne pour être ,toutes, rapatriées en Pologne à la fermeture des camps de l'Unrra en 1947, UNRRA qui deviendra alors IRO.

 

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IROBadge.gif

 

 

Donc les Polonais recrutés et transportés en Belgique sont des volontaires,qui correspondaient aux critères d'aptitude au travail des sélectionneurs et à ceux de la Police des Etrangers ; avec un travail bien déterminé en vue ,et donc , ne peuvent en aucun cas être qualifiés de "réfugiés" comme on les a classé administrativement.

 

Des personnes déplacées: oui; des "réfugiés" ? de quoi? de la pluie , du vent.On les a "transporté" pour les faire travailler et non les mettre à l'abri, jamais, nulle part.

 

La qualification de "réfugié ONU" "apatride d'origine polonaise" a juste servi à correspondre aux statuts de l'UNRRA et distribuer des fonds des Nations Unies,des fonds du Plan Marshall...au patronat.

 

Tous les Polonais d'Allemagne rapatriés en Pologne ont gardé la nationalité polonaise.

Tous les Polonais présents en Belgique dès 1911 ont gardé la nationalité polonaise avant la guerre, pendant la guerre ici en Belgique,après la guerre ici en Belgique.Bien sûr ils ne répondaient pas aux conditions d'octroi de fonds édités par l'UNRRA-IRO et on savait qu'ils ne quitterait pas la Belgique; disons la travail à la mine.

 

Les Polonais arrivés à Morlanwelz et embarqués à Marbehan sont des volontaires au travail proposé et non des réfugiés, absolument destinés à la mine, sans pouvoir échapper à cette destinée sans l’accord des autorités ,et ,leur recrutement, leur engagement par les usines Lambilote de Marbehan s’est  fait avec l’accord de la Société Mariemont-Bascoup , la Police des Etrangers , le nouvel employeur et  l’aide de traducteurs : des anciens Polonais d’ici d’avant-guerre ou des Polonais juste importés d’Allemagne qui avaient vécus en France fin des années 30 avant d’en être expulsés comme chez nous dans le Centre : KRENC François ou Pawel KONDRASZUK. Les endroits  où on massait les Polonais étaient la Cité de l'Olive, la rue des Ateliers, le camp "sainte Henriette"de l'Etoile, la cité du Placard, la rue Notre Dame.

Enfin,les premiers Polonais arrivés en Belgique en juin , juillet 1945 , n'ont jamais en Allemagne, séjournés dans un camp de l'UNRRA, un Team avec un numéro de Team: ex Team 21 comme l'ont été tous les Polonais rassemblés en Allemagne de 1945 à 1947. L'Unrra en juin 1945 était alors en pleine organisation sur le territoire allemand libéré. 

Nos parents à peine libérés n'ont alors jamais entendu pendant leur court séjour en Allemagne libre , jamais entendu parler de l'UNRRA ni de l'IRO qui leur a retiré leur nationalité alors qu'ils étaient depuis des mois en Belgique à travailler au charbonnage dès juillet 1945. La qualification de réfugé est arrivée bien après sans qu'ils y comprennent quoi que ce soit et sans demander leur avis.Plus tard dans les camps de l'UNRRA, certains Polonais ont renié leur nationalité polonaise.

Tout cela en Belgique pour bénéficier des fonds pour réfugiés, décrits plus haut mais aussi et surtout pour bloquer ces "nouveaux Polonais " ici en Belgique, la Belgique qui avait un besoin inassouvi de main d'oeuvre, les freinant fortement dans leur désir de partir encore ailleurs, au Canada, au USA, en Australie; ce que certaines familles ont réussi à réaliser malgré tous les empêchements.

On a alors avec ces "Nouveaux Polonais" ,pas avec les Polonais arrivés en Belgique avant-guerre; on a entrepris une campagne de persuasion, d'intimidation pour  nous faire admettre qu'on était apatrides, réfugiés en faisant tout, surtout pour empêcher ces Nouveaux Polonais d'aller travailler ailleurs et surtout de rentrer en Pologne, le péché suprême. Les descendants de ces Nouveaux Polonais des années 45 à 47 aujourd'hui encore, répètent ainsi machinalement, naîvement sans savoir, que leurs parents étaient des réfugiés; ce qui est totalement incorrect  voire même inconvenant aux yeux de l'histoire.

Mais certains nouveaux Polonais sont rentrés dans leur pays, chez eux en Pologne, quand même et ce dès juillet 1945 et sans aucune aide au rapatriement: le retour dans la patrie.

 

Kozlowski Alexandre

 

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